La veille du match, coté Milan:

Le milanais avaient toutes les raisons d'être tendus: ils terminaient une saison jouée en dessous de leur potentiels et malgré que les résultats aient étés au niveau de leurs ambitions, avec la conquête du titre de champion d'Italie. Les supporters grognaient contre certains choix sociétaires et n'avaient pas beaucoup de confiance en Fabio Capello, entraîneur avec qui ils venaient de gagner trois championnats d'Italie consécutifs mais qui en Europe n'avait pas encore gagné la moindre coupe (il aura l'occasion de se refaire abondamment tout au long de sa brillante carrière). Les souvenir de Arrigo Sacchi (entre-temps devenu le sélectionneur de l'équipe nationale italienne, qui la même année 1994 disputera à Pasadena la finale de la Coupe du Monde perdue aux penalties contre le Brésil) et de ses succès en Europe et dans le monde étaient encore très vifs. Finalement, la disqualification du capitaine Baresi et de Costacurta, les deux milieux défensifs titulaires du Milan et des azzurri privait les rossoneri de deux parmi leurs joueurs les plus continus et charismatiques. Devant toutes ces difficultés, Capello et les siens ont fait carré et ont décidé de livré bataille. Les résultats prouveront qu'ils auront eu raison de croire en leurs chances de victoire.

La veille du match, coté Barça:

Les espagnols ont abordé cette finale en toute confiance. Le coach hollandais Johann Cruijff avait ouvertement critiqué le potentiel de Milan et directement exprimé sont mépris pour certains joueurs. Des remarques racistes exprimées par un joueur de Barcelone (que nous préférons ne pas nommer, car il regrette certainement ses propos d'antan) à l'encontre de Marcel Desailly ont contribué à tendre l'ambiance et à alimenter le désir de revanche des milanais. L'excès de confiance qui éclatera en mille morceaux quelques heures après a porté les joueurs du Barça à sous-estimer le danger et leur coach à placer sur le terrain une équipe de Barcelone excessivement offensive, qui s'est révélée être complètement déséquilibrée. Mais ça, personne ne le savait encore...